Recyclage : les chiffres de la Federec confirment la crise de la filière

 

La fédération des entreprises du recyclage (Federec) vient de publier un rapport sur les chiffres de l’exercice 2014. Il met l’accent sur les difficultés que rencontre cette filière. En effet, la baisse du prix du baril de pétrole, ainsi que des cours des métaux et des plastiques incitent les industriels à privilégier les matières primaires par rapport aux matières recyclées.


« Celui qui recycle, c’est celui qui collecte le déchet, issu d’un produit en fin de vie et le prépare en matière pour la vendre à un industriel de la transformation (plasturgiste, sidérurgiste, fondeur, papetier) », rappelle Jean-Philippe Carpentier, président de la Federec.

 

Selon le constat réalisé par cette association, le chiffre d’affaires des professionnels du recyclage a diminué de deux points (soit 9,03 milliards d’euros) en 2014, malgré une hausse de 3,5% des déchets collectés (74 millions de tonnes) et un recrutement en évolution de +1,8% au sein des PME.

 

La filière des matériaux ferreux, au plus mal, enregistre une baisse de 3% pour un chiffre d’affaires de 3,1 milliards d’euros. Les matériaux non-ferreux ont, quant à eux, évité cette crise et affichent +6%, soit un chiffre d’affaires de 3,1 milliards d’euros. Le secteur des plastiques a progressé de six points, totalisant un chiffre d’affaires de 250 millions d’euros.

Mais l’activité recyclage souffre de la chute des prix du pétrole et des matières premières depuis un an (pétrole, nickel, cuivre, aluminium). En effet, les industriels, pour réaliser des économies d’échelle, préfèrent fabriquer leurs produits finis avec des matières vierges bon marché, plutôt que des matières recyclées.

 

Cependant certains secteurs se portent mieux que d’autres, comme les déchets du BTP. Créée il y a un an, cette nouvelle branche ouvre de nouveaux marchés pour les collecteurs. Autre point positif, l’augmentation de 1,8% de la production papetière française, tirée par la forte croissance de l’industrie de l’emballage.

 

Pour faire face aux difficultés, la fédération œuvre pour la création d’un centre technique (Recyclage Récupération Septembre 2015) et compte sur les réponses apportées par la loi de la transition énergétique et la COP21. « Nous ne pouvons plus ignorer aujourd’hui que l’impact carbone a un coût. En raison des économies d’énergie que le recycleur peut faire gagner à son client industriel, nous devons rendre cet atout plus visible dans nos échanges commerciaux. C’est un gage de qualité, de fiabilité et de pérennité pour notre activité » a déclaré le président de Federec.