Ephad, les profits jusqu’à la nausée

Depuis des années les scandales se multipliaient mais on était d’imaginer la proportion de cas de maltraitance sur personnes âgées dans ces établissements à objectif lucratif. Hier l’émission Envoyé spécial a dévoilé au grand public les réalités de la course au profit et des traitements infligés à des personnes âgées.

Le groupe Orpéa a tenté d’empêcher la diffusion de l’émission. Le tribunal a autorisé la diffusion du reportage Maison de retraite : derrière la façade. Julie Pichot, présentatrice du programme a confié être « étonnée qu’on en soit arrivé à un référé qui demande l’interdiction du film. Nous recevons de temps en temps des référés, mais en général, les entreprises demandent à diffuser un communiqué avant ou après le film, ou à visionner une séquence pour tenter d’en obtenir le floutage ou de la faire enlever, ou encore d’en modérer les propos. Mais, demander l’interdiction intégrale de la diffusion, c’est assez extrême ».

Le reportage est extrêmement violent. Plus que de la maltraitance directe c’est le manque d’effectif criant -rentabilité oblige- qui entraîne l’abandon des pensionnaires, certains se plaignant de la soif, proposant de monnayer un verre d’eau à des aides-soignants débordés. Orpéa et Korian, les deux géants hexagonaux du secteur, ont refusé d’accueillir l’enquête qui a dû être tournée en caméras cachées, les soignants craignant des pressions de la direction. A propos des familles, Julie Pichot confie qu’ « elles sont tétanisées à l’idée de parler quand leurs proches sont encore dans les EHPAD. Elles craignent des répercussions, voire des représailles sur eux ».

Il y a dix jours, le journal l’Humanité dénonçait déjà les dérives d’Orpéa dans sa gestion des crises sociales. En effet, des cadres de l’entreprise ont tenté à grands frais de mobiliser des soignants du nord du pays (500 euros le weekend) pour affaiblir un mouvement de grève dans un établissement de Perpignan.