Référendum en Nouvelle-Calédonie

Dimanche 4 novembre 2018, plus de 150 000 Calédoniens sont appelés aux urnes pour décider de l’avenir de l’archipel. Dans un climat apaisé grâce à la volonté de paix des deux camps, ils devront répondre par oui ou par non à cette question : « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? ».

Demain marquera peut-être la fin d’un processus de 30 ans, amorcé en 1988 par les accords de Matignon puis en 1998 par ceux de Nouméa. L’histoire tumultueuse et violente d’une colonisation débutée en 1853 qui a vu l’archipel changé de statuts, de colonie pénitentiaire (on y déporta de nombreux Communards) à territoire ultra-marin réputé pour son nickel, la 6e réserve mondiale (20% des stocks disponibles actuellement) de ce minerai.

Si les indépendantistes remportent le vote, alors une phase de transition de souveraineté sera amorcée en la France et le nouvel état du nom de Kanaky-Nouvelle-Calédonie. Il faudra répondre à de nombreuses questions portant sur le sort d’éventuels binationaux ou l’existence d’une force de sécurité nationale. Si le non venait à l’emporter demain, des consultations auront lieu en 2020 et 2022.

Selon Benoit Trépied membre CNRS et également du centre de recherche et de documentation sur l’Océanie : « les indépendantistes demandent l’indépendance avec un statut d’État associé : être indépendant tout en confiant certaines de ses compétences à un autre État ». D’après l’Union nationale pour l’indépendance, organisation politique indépendantiste majeure : « Pour sortir de la colonisation française par le haut, un accord de partenariat est une nécessité politique et une perspective logique ». L’organisation explique ainsi : « Dès 2018 et durant la phase de transition, une évaluation des domaines qui nécessitent une coopération particulière ou privilégiée avec la France sera effectuée ».