Affaire Vincent Lambert : Emmanuel Macron estime qu’il ne lui appartient pas de décider du maintien des soins

Emmanuel Macron

 

Alors que l’arrêt des soins de Vincent Lambert a débuté ce lundi, Emmanuel Macron a affirmé sur sa page Facebook qu’il ne lui appartenait pas de maintenir le traitement. Pour lui la décision a été prise au terme d’un dialogue entre les médecins et sa femme, conformément à la législation française.

« Il n’y a aucune réponse simple ou univoque »

Dans une publication sur sa page Facebook ce lundi, Emmanuel Macron a indiqué qu’il ne lui revenait pas de décider du maintien des soins de Vincent Lambert, plongé dans un état végétatif depuis plus de 10 ans. Le président de la République confie d’abord que « Comme [un] homme, comme tous les Français », il s’est penché sur « Cette question, qui touche à la part intime de chacun ». Malheureusement, pour lui « il n’y a aucune réponse simple ou univoque. Seulement des incertitudes et des déchirements, qui ont traversé la famille de Vincent Lambert et traversent tant de familles de France. Et la volonté de respecter la dignité de toute vie humaine ».

Pourtant, doit-il admettre, il ne peut rien y faire malgré sa position actuelle. « Aujourd’hui, comme Président de la République, il ne m’appartient pas de suspendre une décision qui relève de l’appréciation de ses médecins et qui est en conformité avec nos lois.
Mais il m’appartient d’entendre l’émotion suscitée, et de vous répondre », a-t-il écrit.

Macron angoissé qu’on puisse décider de la mort d’un citoyen

Il ne lui appartient pas de décider du sort de Vincent Lambert d’autant que « Toutes les expertises médicales ont conclu au caractère irréversible de son état. La décision d’arrêter les soins a été prise au terme d’un dialogue permanent entre ses médecins et sa femme, qui est sa tutrice légale. Elle l’a été, en application de notre législation qui permet de suspendre les soins en cas d’obstination déraisonnable – ce qui, selon les différentes équipes médicales, est le cas de Vincent Lambert ».

Dans un tel contexte, il serait illusoire de promettre quoi que ce soit à la famille du patient.

Il ajoute qu’il ressent des « déchirements », qu’il entend « une angoisse : celle qu’en France, on puisse décider de manière arbitraire de la mort d’un citoyen. ». Mais il affirme que c’est précisément pour éviter cet arbitraire qu’il ne veut pas s’immiscer « dans la décision de soin et de droit qui a été prise dans le cas de Vincent Lambert. ».

« Un crime commis contre l’Etat de droit »

Emmanuel Macron fait cette déclaration alors que samedi dernier, les avocats des parents de Vincent Lambert l’ont appelé à intervenir contre ce qu’ils qualifient de « crime d’Etat commis au prix d’un coup de force contre l’Etat de droit ».

Ce lundi ils ont déposé plusieurs recours auprès de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pour mettre fin à l’interruption des soins. Malheureusement l’un des recours a été rejeté par la CEDH, faute d’« élément nouveau ».