Contenus sexistes et violents : Féministes contre le cyberharcèlement réclame des mesures efficaces

Une femme manipulant un clavier d'ordinateur

 

Face au nombre croissant de contenus sexistes et violents sur internet, Féministes contre le cyberharcèlement réclame des mesures efficaces de la part des pouvoirs publics. Le collectif estime également que les réseaux sociaux doivent mettre fin à la banalisation des commentaires injurieux et sexuelles envers les femmes.

Les groupes sexistes prolifèrent sur Facebook

Comme la Ligue du Lol, qui fit récemment scandale, de nombreux groupes Facebook fermés s’attaquent quotidiennement à l’image de la femme. «Femmes indignes» fait partie de ces groupes sexistes qui rallient du monde sur le réseau social américain. Il réunissait des milliers d’hommes qui partageaient entre eux des photos de femmes nues, avec des commentaires violents et injurieux, en toute impunité. « Chiennes », « salopes », « trous », « lave-verge » sont quelques mots préférés du vocabulaire de ses membres. Deux ans auparavant, c’était le groupe « Babylone 2.0 » qui avait suscité l’indignation sur les réseaux sociaux.

Le laxisme inquiétant sur internet

Laure Salmona, co-fondatrice de Féministes contre le cyberharcèlement, pense qu’il faut mettre en place des mesures efficaces pour lutter contre ces pages qui promeuvent le sexisme et la violence en ligne. «Il faut d’abord lutter contre leur banalisation», confie-t-elle au site 20 minutes. En effet, si ces groupes machistes existent c’est qu’il y a quelque part une permission tacite des réseaux sociaux. Dès lors, il se (re)pose notamment la question de la modération sur ces plateformes. « Il y a une permissivité autour des blagues potaches, du sexisme ordinaire dans notre société, et c’est un réel problème. Sans prise de conscience collective autour de ce sujet, les choses n’évolueront pas. Sur les réseaux sociaux, et plus précisément Facebook, le problème majeur, c’est la modération et le processus de signalement » constate Laure Salmona.

« Facebook fait disparaître toute preuve. C’est un gros problème »

Pour mieux lutter contre les groupes sexistes, la militante préconise la conservation des contenus incriminés. Car en matière de justice, seules les preuves comptent. « L’autre grand problème, c’est la préservation des preuves. Si on signale une publication ou un groupe qui ne respecte pas les « standards de la communauté », Facebook procède à sa suppression immédiate, et fait donc disparaître toute preuve. C’est un gros problème qui s’est notamment posé dans l’enquête concernant le groupe Facebook fermé « Femmes indignes », regrette Laure Salmona.

Les enquêteurs manquent de formation et de moyens

Mais récemment, Facebook a promis de fournir aux services de police les adresses IP de certains comptes qui enfreignent la loi, afin de remonter jusqu’à eux. Pour la fondatrice de Féministes contre le cyberharcèlement ce n’est pas une bonne idée. Pourquoi ? « Ça peut être très dangereux de leur donner autant de pouvoir, avertit-elle. Il faudrait au contraire octroyer davantage de moyens à la justice et à la police. Aujourd’hui, les enquêteurs peinent à remonter une adresse IP, car ils n’ont pas le temps, pas la bonne formation et surtout pas les moyens. Il y a un vrai travail à faire à ce niveau-là ». De même, « Vouloir que les plateformes fassent elles-mêmes la police », comme le suggère la proposition de loi du gouvernement sur la cyberhaine, « c’est (également) très dangereux, notamment pour la liberté d’expression ».

Une collaboration étroite entre la police et Facebook

Laure Salmona souhaite plutôt que « Facebook puisse travailler conjointement avec la police et proposer des services, comme la certification officielle de screenshots de contenus issus de sa plateforme ».