Safari-chasse : Des activistes traquent les adeptes de cette pratique sur le net

Deux adeptes de safari-chasse se prenant en photo sur une antilope abattue

 

Inspirés par ce qui se passe en Grande Bretagne, des activistes se mobilisent en France pour mettre fin au safari-chasse. Ils traquent sur le net tous les adeptes de cette activité en publiant des clichés. Ces derniers suscitent l’indignation chez les internautes et une réaction massive.

En France, la lutte contre le safari-chasse prend de l’ampleur sur les réseaux sociaux. Les militants sont de plus en plus nombreux à traquer « les chasseurs de trophées » par la publication de clichés qui suscitent l’indignation chez les internautes. L’une des pages les plus actives est  « Ban trophy hunting France/Un clic pour un safari ». Elle a été créée par Julien, un programmateur breton de 30 ans, qui s’est inspiré de ce qui se passe en Grande Bretagne. « Là-bas, le collectif Ban Trophy Hunting regroupe une communauté de plus de 50.000 personnes. Ils sont très influents, ce sont eux qui ont médiatisé en 2015 la mort du lion Cecil au Zimbabwe », raconte le jeune homme, qui se définit comme un militant de la cause animale.

La traque porte ses fruits

Julien explique qu’il a « eu le déclic avec l’histoire du Super U ». En effet, un couple de gérants d’un Super U a été contraint de démissionner après la diffusion de photos les montrant en train de poser fièrement devant la carcasse d’un lion. Les clichés ont suscité un véritable émoi sur les réseaux sociaux. Les internautes ont même Insulté et menacé les deux chasseurs.

La page de Julien, créée il y a seulement quelques jours, intensifie également la traque. La semaine dernière, un vétérinaire de l’Eure a été pris pour cible par des internautes pour avoir diffusé plusieurs photos sur lesquelles il s’exhibe avec des cadavres d’éléphant, de lion ou d’hippopotame. « Je me suis rendu compte qu’en deux clics il était facile de trouver des photos de ces chasseurs qui, moyennant quelques milliers d’euros, s’achètent le droit de tirer l’antilope ou le gnou en Afrique. », s’est réjoui l’informaticien. Il s’apprête maintenant à divulguer l’identité d’une dizaine d’adeptes de ces safaris-chasses et à publier les clichés de leur « trophée ».

La nécessité d’une législation qui rend illégal le safari chasse

Si le « boycott » massif sur internet est une redoutable arme contre le safari-chasse, les internautes regrettent toutefois l’absence d’une législation qui cadenasse ce genre d’activité. « Ce n’est pas normal que légalement, on puisse trouver des guides pour ce genre de pratique. Pas normal que des dispositifs existent pour pouvoir rapporter les « trophées » en France ! Il suffirait, comme en Grande-Bretagne, d’interdire leur importation, et de rendre illégale la promotion de cette activité. 90 % du problème serait ainsi réglé », suggère le créateur de la page « Ban trophy hunting France/Un clic pour un safari ».

Aujourd’hui la France compterait près de 75 guides proposant légalement 400 à 500 safaris-chasses chaque année.