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Nucléaire : l’Iran veut revenir sur certains de ses engagements pris à Vienne en 2015

Le président iranien Hassan Rohani

 

L’Iran a annoncé ce mercredi 8 mai qu’il renoncera à certains de ses engagements pris de l’accord conclu à Vienne en juillet 2015, qui limitait drastiquement son programme nucléaire. La République islamique explique que cette décision est une réponse à la dénonciation unilatérale du pacte par Washington, il y a un an jour pour jour. Une décision conforme aux prescriptions de l’accord de Vienne.

L’Iran ne voit rien venir des Occidentaux

L’Iran a menacé ce mercredi de renoncer, au moins en partie, à ses engagements pris à Vienne, il y a 4 ans, si les Etats-parties à l’accord ne trouvent pas de solution d’ici à 60 jours pour alléger les conséquences des sanctions américaines sur le pays, notamment dans les secteurs pétrolier et bancaire. Téhéran a expliqué que cette décision est prise en réponse à la dénonciation des accords de Vienne par les Etats Unis et à leur retrait en 2018. Signés en juillet 2015, ces accords visaient à limiter drastiquement le programme nucléaire iranien, en contrepartie d’une levée progressive des sanctions. Mais depuis, l’Iran dit n’avoir rien vu venir de concret, d’où cette renonciation partielle à ses engagements.

Une décision conforme aux prescriptions de l’accord de Vienne

« La République islamique d’Iran ne se considère pas à ce stade engagée à respecter les restrictions concernant le stockage d’uranium enrichi et d’eau lourde », a déclaré le Conseil suprême de la sécurité nationale (CSSN) dans un communiqué produit ce mercredi. Quand au président Hassan Rohani, il a souligné que la mesure prise par son pays est conforme à l’accord de Vienne qui permet aux parties de suspendre partiellement ou intégralement certains de leurs engagements en cas de manquement imputé à une autre partie. Or ici les Etats Unis et les Occidentaux en général auraient manqué à leurs obligations.

Le président iranien veut soigner les accords de Vienne

Hassan Rohani a également diagnostiqué l’accord de Vienne en déclarant qu’il « avait besoin de subir une opération chirurgicale » après « qu’une année de sédatifs n’a produit aucun effet ». Puis d’indiquer que « Cette opération chirurgicale est destinée à sauver [l’accord], pas à le détruire ». L’Iran n’aurait donc pas l’intention de tuer les accords de Vienne, bien au contraire.

Les Etats Unis positionnent des bombardiers B-52 dans le Golfe

L’annonce des autorités iraniennes intervient dans un contexte tendu entre l’Iran et les Etats-Unis. Ces derniers ont annoncé ce mardi l’envoi de bombardiers B-52 dans le Golfe pour surveiller les activités de l’Iran. En visite surprise à Bagdad, le secrétaire d’Etat Mike Pompeo a même accusé Téhéran de préparer des « attaques imminentes » contre les forces américaines.

Face aux déclarations tous azimuts, Pékin a appelé « toutes les parties en présence à faire preuve de retenue, à renforcer le dialogue et à éviter une escalade des tensions ».

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