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La robotique prend de la place dans le monde militaire

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L’armée française s’engage résolument dans plusieurs projets visant à développer des robots opérationnels sur le champ de bataille pour soutenir efficacement les combattants. Comme de nombreuses forces armées à travers le monde, la France se prépare à cette transformation et a lancé en 2021 le projet Vulcain, dont l’objectif ambitieux est de repenser l’intégration des robots et de l’intelligence artificielle dans le contexte des opérations militaires d’ici 2040, avec la création d’une première unité robotique expérimentale.

Une évolution constante de la robotique militaire

Bien que la présence de cette technologie existe depuis longtemps au sein de l’armée, elle s’est considérablement renforcée au fil du temps. Selon David Schuster, officier référent robotique de l’Etat-major de l’armée de Terre (EMAT), qui était invité lors d’une émission spéciale de défense de Tech&Co le 11 mai, les réflexions sur les robots démineurs ont débuté il y a vingt ans pour faire face à cette menace spécifique. L’émergence de nouvelles technologies a accéléré l’adoption de ces machines au sein de l’armée, qui envisage de plus en plus les robots comme de véritables équipiers des combattants. Ainsi, le projet Vulcain a été lancé pour explorer ces possibilités et mettre au service des soldats les meilleures idées et concepts.

Drone et exosquelette au cœur des développements

D’après David Schuster, l’armée de Terre française travaille actuellement sur des robots terrestres destinés à accompagner les groupes de combat déployés sur le terrain. Ces machines ultra-mobiles seront équipées d’armes, permettant aux soldats de bénéficier d’une puissance de feu supplémentaire, tels que des canons, qui étaient jusqu’alors acheminés uniquement par des véhicules.

Parallèlement, l’armée française, qui utilise déjà des drones, souhaite développer des modèles plus autonomes et explore également les possibilités offertes par la technologie des exosquelettes. Cependant, David Schuster reconnaît qu’aucun exosquelette n’a encore été trouvé pour concilier les avantages escomptés avec les contraintes de la vie du soldat sur le terrain.

Préoccupations face à la montée des armes autonomes

La militarisation des robots suscite des inquiétudes non seulement au sein des institutions humanitaires, mais également parmi les experts en robotique. En 2017, un groupe de 116 spécialistes de ce domaine, dont le célèbre entrepreneur Elon Musk, a exhorté l’ONU dans une lettre ouverte à prendre des mesures contre ces armes. Le regretté physicien Stephen Hawking avait également souvent mis en garde contre un développement incontrôlé de l’intelligence artificielle, qu’il considérait comme un événement potentiellement dévastateur pour notre civilisation.

La question de savoir si les robots remplaceront bientôt les soldats dans les armées et les conflits fait son chemin, comme en témoigne la récente déclaration du général de division Charles Collins, publiée dans le British Army Review et relayée par le Mail Online. Selon lui, « d’ici 2030, le premier contact avec un ennemi potentiel sur le champ de bataille devrait être effectué par un robot », ce qui augmenterait les chances de survie des soldats. Il est question non seulement de drones contrôlés à distance par des humains, mais aussi de machines partiellement autonomes capables de prendre des « décisions » en fonction de leur environnement.

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