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Vers la fin des sites pour adultes en Egypte ?

Nombre d’analystes s’accordent à dire qu’Internet a joué un rôle déterminant dans l’éclosion du printemps arabe en 2011. Pour autant, les milieux conservateurs restent méfiants à l’égard du monde numérique et entendent limiter l’accès aux contenus jugés immoraux.  Le débat est ainsi relancé : Internet doit-il être appréhendé comme un espace libertaire ?

Le journal Al-Ahram annonce que les ministères de l’intérieur, des télécommunications et de l’information ont récemment reçu une demande particulière émanant du procureur général Abdel Meguid Mahmoud.  Il s’agirait de bloquer purement et simplement l’accès Internet à tout contenu à caractère pornographique! Les amateurs de la série Scrubs ont encore probablement à l’esprit la saillie du Docteur Cox à ce sujet «  Je reste convaincu que si on enlevait tous les sites pornos du web, il ne resterait sur la toile qu’un seul site Internet et il s’appellerait ‘rendez-nous le porno !’ ». A en juger par les réactions épidermiques observées sur Twitter, il semblerait en effet que le sujet soit extrêmement sensible. Le hashtag #egyptpornban créé pour l’occasion rencontre un franc succès (50 mentions depuis le 7 Novembre).

Au-delà du débat moral, la faisabilité du projet interroge. Une requête similaire avait été formulée par un tribunal administratif égyptien en 2009 sans pour autant être appliquée. D’un point de vue technique, des solutions existent, le Pakistan faisant office de précurseur dans le blocage des sites coquins. L’Electronic Frontier Fondation craint pour sa part que le filtrage des contenus pornographiques ouvre une voie vers une censure des opinions politiques.

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