États-Unis : le prix vertigineux de la guerre contre l’Iran

États-Unis : le prix vertigineux de la guerre contre l’Iran

12/03/2026 0 Par La rédaction

Le Pentagone a présenté au Congrès une première évaluation financière du conflit. Ces chiffres déjà colossaux, seraient pourtant largement sous-estimés.

En six jours de bombardements, le Pentagone a déjà dépensé plus de 11,3 milliards de dollars, selon des informations communiquées par des responsables du département de la Défense au Congrès lors d’un briefing confidentiel organisé mardi 10 mars à Washington.

Derrière cette estimation, rapportée par le New York Times (NYT) citant des sources proches du dossier, se dessine le coût vertigineux de la guerre moderne. Certaines bombes utilisées contre des positions iraniennes dépassent en effet les 500 000 dollars l’unité.

Les missiles intercepteurs employés pour neutraliser les contre-attaques iraniennes atteignent, eux, trois millions de dollars pièce. Pour saisir la démesure de ce chiffre, une comparaison s’impose : le budget annuel total de l’Inde, quatrième puissance mondiale en parité de pouvoir d’achat, s’élève à environ 70 milliards de dollars.

En moins d’une semaine de conflit, les États-Unis ont ainsi englouti plus du sixième du budget souverain d’un pays de 1,4 milliard d’habitants. Pour le contribuable américain, la note est salée. Pour le reste du monde, elle donne le vertige.

Un coût sans doute sous-estimé

Pourtant, le montant de 11,3 milliards est contesté, y compris au cœur des institutions américaines. Selon plusieurs élus du Congrès, cette somme n’inclut pas les dépenses colossales de la phase préparatoire, notamment le déploiement des porte-avions Abraham Lincoln et Gerald Ford dans les zones d’opération.

Or, projeter deux groupes aéronavals de cette ampleur à l’autre bout du monde représente à lui seul plusieurs milliards de dollars, absents du décompte officiel.

« Je m’attends à ce que le total actuel soit bien supérieur. Si vous ne regardez que le coût de remplacement des munitions utilisées, on est déjà bien au-delà des 10 milliards », a déclaré le sénateur Chris Coons (D-Delaware) mercredi, au micro de NBC News.

C’est d’autant plus vrai que la guerre ne se chiffre pas uniquement en dépenses militaires. Elle se répercute aussi à la pompe.

Un front intérieur qui se fissure

Le prix moyen de l’essence aux États-Unis a atteint 3,58 dollars le gallon, d’après le NYT. Soit soixante cents de plus qu’il y a un mois. Pour des millions d’Américains qui font le plein chaque semaine, cette hausse est immédiate, tangible et douloureuse pour leurs budgets.

Les démocrates se sont rapidement saisis du sujet, soulignant que cette flambée constituait la manifestation la plus concrète, pour le citoyen ordinaire, des conséquences d’une guerre engagée sans mandat explicite du Congrès.

En réponse aux critiques liées à la montée des prix de l’énergie, le président Trump a affirmé sur les réseaux sociaux que seuls des « imbéciles » refuseraient de voir dans cette hausse du pétrole un « faible prix à payer pour la sécurité mondiale ». Une formule qui a suscité de vives réactions, y compris dans les cercles conservateurs.

La guerre fracture désormais jusqu’au cœur du camp trumpiste. Joe Rogan, l’influent animateur de podcast dont le soutien avait compté dans la victoire républicaine de 2024, estime que de nombreux partisans du président se sentent trahis. Des voix comme Tucker Carlson et Megyn Kelly se sont, elles aussi, jointes au chœur des critiques.