Athènes perd son ambassadrice américaine

Athènes perd son ambassadrice américaine

15/10/2026 0 Par La rédaction

Kimberly Guilfoyle a été contrainte de démissionner sur fond d’accusations de corruption et de trafic d’influence, devenues difficiles à passer sous silence pour l’administration Trump.

« Tu vas vraiment me faire perdre mon poste d’ambassadrice. » Kimberly Guilfoyle ne pensait sans doute pas viser juste lorsqu’elle reprochait ainsi, selon les révélations du Wall Street Journal (WSJ), à l’un des donateurs de Donald Trump, Eric Deeters, de l’interpeller par écrit au sujet de promesses prétendument non tenues.

Et pour cause : cette représentante des États-Unis en Grèce a dû démissionner le 13 octobre, emportée par une sombre affaire de corruption, de conflit d’intérêts et de trafic d’influence, symbole du goût de cette ancienne procureure pour le clinquant.

Le WSJ l’accuse en effet d’avoir monnayé sa position au sein du pouvoir américain en échange du règlement de sa facture American Express de 100 000 dollars. « Je t’ai versé 300 000 dollars au fil des ans. À ce jour, je n’ai obtenu aucune faveur en retour. Je ne suis ni naïf ni un pigeon. Je veux des résultats », lui aurait indiqué Eric Deeters, excédé d’attendre un retour d’ascenseur.

Des accusations embarrassantes pour la Maison-Blanche

« Nous avons demandé à l’ambassadrice Guilfoyle de démissionner. Elle a été un atout précieux pour notre équipe et nous lui souhaitons une bonne continuation », avait annoncé la porte-parole de la Maison-Blanche, Katie Zacharia, elle aussi désormais débarquée.

Selon l’Associated Press (AP), le président américain aurait été furieux des allégations rapportées dans la presse. D’autant que l’affaire Eric Deeters n’est qu’un des nombreux scandales qui jalonnent le parcours de Kimberly Guilfoyle, jamais aussi heureuse que lorsqu’elle gravite autour du pouvoir.

Mariée au gouverneur de Californie Gavin Newsom, puis fiancée à Don Jr, le fils aîné de Trump, celle dont le départ abrupt de Fox News cacherait une affaire de harcèlement sexuel à quatre millions de dollars, d’après le New Yorker, a été l’une des plus ferventes partisanes du président américain.

Celui-ci n’a pourtant eu d’autre choix que de la lâcher en mondovision, déclarant notamment à la presse que cette ex-presque-belle-fille ne faisait pas partie de sa famille. « Elle est sortie avec mon fils il y a longtemps », a-t-il ajouté.

L’erreur de s’être servie

Pour de nombreux observateurs, au-delà de la gravité des accusations portées contre elle, l’ancienne ambassadrice paie surtout le fait d’avoir mis Donald Trump, dont les conflits d’intérêts sont par ailleurs légion, dans une position inconfortable.

« Une explication serait qu’elle a enfreint la règle fondamentale de la Maison-Blanche de Trump : se servir soi-même, c’est acceptable ; tirer profit de ses fonctions, c’est acceptable ; mais embarrasser le patron, ça ne l’est pas », analyse Tom Nichols, journaliste à The Atlantic.

Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux, Guilfoyle a rejeté les accusations, les qualifiant de fausses. « Je défendrai avec vigueur mon nom, ma réputation et mon intégrité », a-t-elle promis.

Son avocat affirme qu’Eric Deeters lui devait 150 000 dollars pour des discours et des prestations de conseil. « Un mensonge total », rétorque ce dernier auprès de NBC News.