Malouines, le vieux conflit qui se rallume

Malouines, le vieux conflit qui se rallume

29/09/2026 0 Par La rédaction

Les convoitises autour de l’archipel situé dans l’Atlantique Sud s’aiguisent de nouveau sous l’impulsion de l’Argentine. Mais le Royaume-Uni, qui revendique également ce territoire, ne compte pas se laisser faire.

« Je m’apprête à signer un décret pour accélérer les processus de sanction que prévoit la loi contre ceux qui participent à des activités d’extraction de pétrole en territoire argentin sous occupation britannique. »

Il y a quelques semaines, le président argentin Javier Milei allumait, en des termes à peine voilés, la mèche au sujet des îles Malouines, disputées avec le Royaume-Uni depuis près de deux siècles.

Depuis, le chef de l’État multiplie les rodomontades sur le sujet, interpellant l’ONU lors de la récente Assemblée générale de l’organisation à Washington. « À quoi sert une résolution si, pendant des décennies, l’autre partie peut agir en contradiction directe avec elle », a-t-il demandé à la tribune, en référence aux opérations d’extraction de brut à environ 220 kilomètres au nord des îles, sous la supervision de Londres.

Car l’archipel a beau être disputé, il reste un territoire britannique d’outre-mer — quoique doté d’une large autonomie interne —, notamment depuis la fameuse bataille de 1982.

Une bataille meurtrière

Cette année-là, entre le 2 avril et le 14 juin — soit durant 74 jours —, Londres, sous l’autorité de sa Première ministre d’alors, Margaret Thatcher, fait dégager Buenos Aires des lieux au prix de plus de 900 morts, dont 649 côté argentin.

Une défaite qui a laissé des traces indélébiles en Argentine, jusque dans les consciences. Dans la capitale du pays, un musée est ainsi consacré à cette guerre et sensibilise les visiteurs dès le plus jeune âge, avec comme leitmotiv : le contrôle de l’archipel.

« Si on enseigne ce combat aux nouvelles générations, cette revendication va se poursuivre de génération en génération », affirme Noelia Prejzenton, institutrice interrogée par France Télévisions. Javier Milei sait justement jouer sur cette fibre nationaliste très ancrée.

D’autant que son grand allié, le président américain Donald Trump, n’exclut pas de revenir sur la neutralité historique des États-Unis dans ce différend. Une aubaine pour le dirigeant argentin, en difficulté sur le plan intérieur à cause de ses politiques controversées.

Le Royaume-Uni reste ferme

« Javier Milei sent qu’il a un peu le vent en poupe sur ce sujet. Il y a peut-être une dynamique internationale qui permettrait d’obtenir des avancées », explique Théo Conscience, correspondant de RFI à Buenos Aires.

« Les Malouines, c’est peut-être le seul sujet qui fait consensus en Argentine. C’est un pays très polarisé, mais la seule chose sur laquelle tout le monde est d’accord, c’est que les Malouines sont argentines et qu’il faut les récupérer », ajoute-t-il.

Reste que le Royaume-Uni ne l’entend pas de cette oreille. Ed Miliband, ministre des Affaires étrangères, a ainsi écrit sur X que « la position du Royaume-Uni sur les îles Malouines est inébranlable ».

« Les Malouines sont britanniques parce que leurs habitants choisissent de l’être », a appuyé son homologue de la Défense, Wes Streeting, en référence au plébiscite du référendum de 2013, lorsque près de 99% des votants avaient dit oui au maintien sous administration britannique.