Aux États-Unis, le Mondial 2026 tourne à vide pour les hôteliers
09/04/2026À deux mois du coup d’envoi, les établissements des villes hôtes américaines tirent la sonnette d’alarme sur le fait que la demande touristique promise par la FIFA tarde à se matérialiser.
« La demande est loin d’atteindre ce niveau ». En tant que président-directeur général de l’Association hôtelière de New York, Vijay Dandapani est bien placé pour connaître le pouls du secteur à quelques semaines du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026.
Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la température n’est pas bonne. La FIFA avait pourtant promis une vague de visiteurs venus des quatre coins du globe, avec des retombées économiques estimées à plus de 30 milliards de dollars pour les États-Unis, aux côtés du Canada et du Mexique parmi les pays hôtes.
Mais sur le terrain, la réalité est loin de refléter de telles projections. Selon Cirium, société d’analyse de données et d’intelligence artificielle spécialisée dans le transport aérien, citée par Forbes, les réservations de vols effectuées en début d’année pour rejoindre les villes organisatrices en juin ont reculé de 5 % chez les Européens et de 3,6 % chez les Asiatiques, tandis que les Sud-Américains restent stables.
Un tourisme international fragilisé par l’ère Trump
Pour l’heure, « rien n’indique que les hôtels pourront relever leurs tarifs ni prolonger la durée moyenne des séjours grâce au Mondial. Tout semble aller dans le sens inverse », observe Evan Saunders, vice-président chez Azira, société spécialisée en géointelligence, cité par le magazine américain.
Ce constat est d’autant plus préoccupant que la FIFA a annulé près de 2 000 réservations qu’elle avait elle-même effectuées dans les hébergements des villes hôtes aux États-Unis, au Canada et au Mexique.
Le contexte général n’arrange rien. Depuis l’entrée en fonction du président Donald Trump, le tourisme international entrant aux États-Unis accuse une chute de 6,3 %, selon les chiffres cités par Forbes.
En cause : les politiques tarifaires agressives de l’administration fédérale, la rhétorique nationaliste de type « America First » et, surtout, le durcissement drastique des politiques migratoires et de contrôle aux frontières.
L’espoir fragile du sursaut de dernière minute
Face à cette morosité, Alan Fyall, doyen associé du Rosen College of Hospitality Management à l’Université de Floride centrale, veut croire à l’effet de dernière minute, typique des grandes compétitions.
« Je pense que cela va se jouer jusqu’au bout, vraiment. (…) Si leur équipe nationale commence à bien jouer, les gens sauteront littéralement dans un avion et dépenseront toutes leurs économies pour venir », indique-t-il toujours dans les colonnes de Forbes.
Reste que pour les voyageurs internationaux, se rendre aux États-Unis de façon spontanée est tout sauf simple. Les délais d’obtention de visa, les procédures administratives et le sentiment d’incertitude lié aux contrôles aux frontières rendent les déplacements impromptus particulièrement difficiles.

