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France : la fuite de données qui embarrasse l’État

La plateforme de l’administration fiscale du pays a fait l’objet d’une intrusion marquée par le vol d’informations concernant plusieurs centaines de milliers de contribuables. L’épisode relance le débat sur la vulnérabilité des systèmes informatiques français, y compris les plus sensibles.

Le mercredi 12 août 2026, un hackeur a revendiqué sur un forum dédié avoir compromis la sécurité de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP), l’administration fiscale française, à travers sa plateforme Impots.gouv.fr.

De quoi mettre la main sur les données de plus de 678 000 personnes ayant, selon Le Monde, été en contact récemment avec ce portail, qui gère l’ensemble des démarches fiscales en ligne, aussi bien pour les particuliers que pour les professionnels.

L’attaque, qui a eu lieu fin juin, n’a été confirmée par les services de l’État qu’après que son auteur l’a revendiquée. Le ministère de l’Économie et des Finances a ainsi fait état, dans un communiqué, d’« accès illégitimes au système d’information de la DGFiP, reposant sur des usurpations d’identifiants d’un agent de la DGFiP et d’un tiers habilité ».

Un déroulé plutôt embarrassant pour l’administration

« C’est très souvent le cas. Un employé, à un moment ou un autre, a laissé fuiter une information sur Internet, volontairement ou involontairement. Le pirate informatique l’a trouvée et l’a utilisée », explique Damien Bancal, expert en cybersécurité, interrogé par Franceinfo.

Le scénario décrit sur X par un internaute au fait des pratiques de cyberattaque est celui d’une usurpation d’un accès légitime, avec l’usage d’un VPN interne et d’un outil métier permettant de rechercher n’importe quel contribuable.

« Pas de virus, pas de rançongiciel. Juste la bonne clé dans la bonne serrure », résume-t-il. Si Bercy assure que la « DGFiP a immédiatement interrompu les accès de l’ensemble des comptes utilisés dans les incidents identifiés dès la détection de ces intrusions », l’administration n’a réalisé l’ampleur des dégâts que bien plus tard.

« Les contrôles d’accès réalisés à cette occasion n’ont pas permis de détecter que ces intrusions avaient conduit à des vols de données, en raison de la sophistication de l’attaque », reconnaît le ministère, confirmant ainsi la version du pirate.

Des zones à élucider

Le vol concerne « des données fiscales telles que le revenu fiscal de référence, le quotient familial ou le taux de prélèvement à la source, et, en ce qui concerne les entreprises, des éléments tels que leur raison sociale ou leur SIREN ».

« Des données cadastrales relatives aux adresses et aux surfaces de biens immobiliers ont également été consultées », ajoute le ministère des Finances. Des informations déjà proposées à la vente sur des sites spécialisés, dont l’exploitation par des personnes malintentionnées pourrait se révéler dévastatrice.

On peut en effet potentiellement identifier, à partir des déclarations de revenus, des contribuables fortunés, et ainsi les cambrioler, ou encore pire, procéder à des kidnappings.

« Pour les hackers, c’est une mine d’or pour préparer de nouvelles arnaques », souligne l’expert en cybersécurité Clément Domingo, aussi connu sous le pseudonyme de SaxX, alors que le syndicat Solidaires-finances publiques réclame toute « la transparence sur cette cyberattaque ».

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