France : Macron lève le voile sur l’après-2027
24/04/2026Dans un entretien-confession d’une rare profondeur, le président français est revenu sur sa trajectoire politique atypique, assume ses échecs et annonce, en creux, qu’il tournera définitivement la page de la politique après la fin de son mandat.
Alors que les analystes politiques s’interrogent sur l’avenir de la Macronie après la présidence Macron, ce dernier vient jeter un pavé dans la mare en évoquant sa rupture imminente avec la vie politique.
« Je n’ai pas fait de politique avant et je n’en ferai pas après », a déclaré le locataire de l’Élysée jeudi 23 avril à Chypre en marge d’un échange avec des élèves de l’école franco-chypriote de Nicosie.
À moins d’un an de l’échéance de 2027, qui marquera son passage de relais à la tête de l’État, le président français lève ainsi le voile sur ce que sera — ou ne sera pas — sa vie d’après. Et le tableau qu’il dresse est celui d’un homme qui se voit avant tout comme un passionné de passage, non comme un professionnel de la politique.
« J’avais envie que mes idées puissent se réaliser »
Emmanuel Macron a rappelé sa trajectoire, que l’on a parfois tendance à oublier tant elle semble aujourd’hui lointaine. Celle d’un conseiller de l’ombre auprès de présidents, puis d’un ministre qui prend goût à l’action directe, avant de franchir le Rubicon en créant son propre mouvement — En Marche — et en conquérant l’Élysée en 2017.
Tout était affaire de conviction, d’opportunité saisie et d’une certaine idée de ce que la France et l’Europe pourraient devenir. « J’avais envie que mes idées puissent se réaliser (…). Je me suis dit “on peut changer les choses plus fort, plus vite” », a-t-il expliqué, tout en évoquant son bilan.
Après neuf ans d’exercice du pouvoir, il admet que la tâche la plus ardue n’est pas de capitaliser sur les succès, mais de revenir sur les échecs. « Il faut garder ce que t’as bien fait et essayer d’aller plus loin, mais il faut parfois reprendre des choses que t’as mal faites », a concédé le président de la République.
Un homme habitué à brouiller les pistes
L’autre révélation de cet entretien tient à la manière dont Macron définit le pouvoir. Pour lui, gouverner ne se résume pas à décider, c’est d’abord convaincre : « Quand tu n’arrives pas à convaincre, à emmener les gens, tu n’arrives pas à changer les choses », a-t-il affirmé.
Ce n’est pas la première fois que le chef de l’État met en scène sa singularité. En 2023, déjà devant des étudiants — au Kazakhstan cette fois —, il avait confié qu’il serait « heureux d’avoir servi son pays pendant dix ans seulement » et qu’il ferait ensuite « quelque chose de très différent ».
Cependant, entre ces professions de foi de l’après-politique, Macron laisse aussi régulièrement filtrer une tout autre musique. Ainsi, en juillet dernier, lors d’un rassemblement de jeunes macronistes, il s’était exclamé : « J’aurai besoin de vous dans 5 ans, dans 12 ans. » Une phrase qui, dans la bouche d’un homme censé tirer sa révérence dans moins de deux ans, avait laissé les observateurs songeurs.

