Brésil : la fuite express de Flávio Bolsonaro
28/10/2026Le candidat malheureux à la présidentielle a quitté le pays pour les États-Unis, malgré une interdiction explicite de la justice, qui le met en cause dans plusieurs affaires délictuelles.
Il aura fait illusion pendant deux jours. Après avoir un temps songé à demander l’annulation de l’élection présidentielle du 25 octobre face à la victoire de son rival Luiz Inácio Lula da Silva, Flávio Bolsonaro a pris la clé des champs, fuyant le Brésil mardi 27 dans le cadre d’un scénario décrit par LCI comme un polar.
Alors qu’il lui était expressément interdit de quitter le territoire brésilien – son passeport avait notamment été annulé –, le candidat du Parti libéral (PL), impliqué dans plusieurs affaires de corruption, est quand même parvenu à rejoindre les États-Unis.
Pour ce faire, après avoir désactivé leurs téléphones portables, Flávio Bolsonaro, sa femme et leurs deux filles traversent la frontière entre le Brésil et l’Argentine, valises à la main. Le sénateur est muni de son passeport italien en règle.
Là-bas, ils montent à bord d’un jet privé, direction l’Équateur, qu’ils rejoignent après cinq heures de vol en évitant soigneusement l’espace aérien brésilien. Mais ce n’est qu’une escale technique pour faire le plein de carburant, comme l’indique le site argentin Infobae, cité par Le Monde.
Les États-Unis de Trump comme refuge
La destination finale de Flávio Bolsonaro et de sa famille, c’est Miami, en Floride, comme on aurait pu s’en douter. Il s’agit en effet d’un refuge bien connu des Bolsonaro, puisque le père, Jair, y avait également fui un temps en 2022, après sa défaite contre Lula.
Surtout, le président américain Donald Trump, dont l’animosité vis-à-vis de Lula est connue, a publiquement déclaré qu’il approuverait la venue du sénateur. Un haut responsable américain cité par LCI a ainsi indiqué que quatre visas avaient été délivrés à Flávio Bolsonaro et à ses proches.
De quoi leur permettre de rester aux États-Unis au moins six mois, voire davantage s’ils demandent l’asile politique. S’il affirme à son directeur de campagne que ce voyage est destiné à lui permettre de « se vider la tête », les véritables motivations du grand perdant de la présidentielle ne seraient pas étrangères à ses démêlés avec la justice brésilienne.
Une immunité bientôt perdue
Il est en effet soupçonné de détournement de fonds dans une affaire liée au financement de son film hommage à son père. Les sommes recueillies auraient servi à soutenir les activités de lobbying d’Eduardo Bolsonaro, son frère, lui-même en délicatesse avec la justice brésilienne et réfugié aux États-Unis.
« Si mon frère ne gagne pas les élections, je suis d’avis qu’il quitte immédiatement le pays », avait d’ailleurs déclaré ce dernier la veille de la présidentielle. Flávio Bolsonaro est également soupçonné de blanchiment d’argent via des entreprises de paris sportifs, mais aussi de financement illégal de campagne électorale.
Dans le cadre de ces trois enquêtes, il devait remettre ses passeports à la justice après le scrutin, ce qu’il avait promis de faire. « Le fait de quitter le Brésil est honteux », a réagi le président réélu, qui y voit un aveu de culpabilité.

