Édouard Philippe et la vraie-fausse polémique du repos présidentiel

Édouard Philippe et la vraie-fausse polémique du repos présidentiel

12/09/2026 0 Par La rédaction

L’ancien Premier ministre et candidat du parti Horizons essuie une volée de bois vert pour avoir prétendument suggéré de ne prendre ses fonctions, en cas de victoire à la présidentielle, que plusieurs mois après le scrutin.

« Édouard Philippe est fatigué avant d’avoir commencé. On demande aux Français de travailler plus et, quand Édouard Philippe décroche son job, il part en vacances. Je me demande s’il mesure l’importance du rendez-vous que la France a avec son avenir au printemps prochain. »

Dans son émission L’Heure des Pros, diffusée le 11 septembre dernier sur CNews et simultanément sur Europe 1, Pascal Praud et ses éditorialistes s’en donnent à cœur joie contre le patron du parti Horizons et candidat à l’élection présidentielle d’avril-mai 2027.

En cause : des propos que l’ancien chef du gouvernement aurait tenus lors de l’une de ses récentes sorties médiatiques, en l’occurrence dans le podcast Le Gratin, animé par Pauline Laigneau. Il y aurait affirmé vouloir repousser à septembre l’entrée en fonction du prochain président de la République, afin de lui laisser le temps de « se reposer » et de « décompresser » après l’élection.

Des réprobations tous azimuts

« Les Français voudront-ils d’un super-technocrate à l’Élysée, un peu dandy, un peu dilettante, un peu évanescent ? Cher monsieur Philippe, il reste 233 jours avant que vous soyez en vacances, quoi qu’il arrive, si j’ai bien compris », affirme Pascal Praud.

« Je suis assez frappée quand je l’entends parler. Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais il ne dit jamais : “Je veux” ou “Je ne veux pas”. Il dit toujours : “J’envisage”, “Je n’exclus pas”, “Peut-être”. Je ne sais pas si on a envie d’un homme qui doute à l’Élysée », embraye Eugénie Bastié, au milieu d’un concert de réprobations sur les réseaux sociaux.

Reste qu’Édouard Philippe n’a jamais tenu de tels propos. S’il se montre peu admiratif du système français, dans lequel le nouveau locataire de l’Élysée entre en fonction environ deux semaines après le second tour — contrairement aux États-Unis, par exemple, où le président est investi près de deux mois après son élection —, le maire du Havre est conscient de la difficulté à faire évoluer les règles.

Un extrait tronqué

« Le système ne fonctionne pas comme ça, et il faut faire avec le système tel qu’il fonctionne. Parce que ce serait très compliqué de faire en sorte qu’il puisse fonctionner autrement sur ces sujets », a-t-il déclaré dans le podcast.

À l’origine de cette réflexion figure l’urgence qui s’impose au nouveau pouvoir dès son installation, une organisation que l’ancien Premier ministre ne juge pas « très géniale ». Se remémorant son expérience à Matignon, il décrit un fonctionnement dans lequel « vous êtes obligé de proposer au président de la République, et d’y travailler avec lui, un gouvernement très vite ».

« Si on faisait les choses aujourd’hui, moi, j’adorerais un système dans lequel le président est élu en mai et il prend ses fonctions en septembre. Et entre mai et septembre, il a le temps de se reposer, de décompresser après une élection présidentielle qui est hyper usante, hyper fatigante. Je ne dis pas qu’il doit prendre trois mois de vacances, mais franchement, une semaine, ça ne fait pas de mal, deux semaines, ça ne fait pas de mal. Avant de repartir, il aurait le temps de consulter beaucoup plus lentement les partenaires sociaux, les chefs d’État étrangers, plein de gens », a-t-il déclaré face à Pauline Laigneau.