France : non, Jésus n’est pas apparu à Dozulé
13/11/2025Le Saint-Siège met en garde contre les supposés phénomènes mystiques, alors qu’une rumeur persistante évoque depuis près d’un siècle une manifestation de Jésus dans cette localité normande.
Jésus peut-il revenir soudainement parmi nous ? Peut-être, mais ce n’est certainement pas ce qui s’est produit à Dozulé. Cette bourgade normande est, depuis 1972, le théâtre d’un mystérieux engouement spirituel, amorcé lorsque Madeleine Aumont, une mère de famille croyante, a soutenu avoir été témoin de manifestations inexpliquées.
Selon son récit, le Christ lui serait apparu à 49 reprises, lui transmettant des messages célestes et lui confiant une mission singulière : ériger une imposante croix sur une colline dominant la région.
De quoi attirer l’attention des fidèles et ainsi transformer cette localité en lieu de pèlerinage pour certains croyants en quête de spiritualité. Il n’en est pourtant rien, à en croire le Vatican, qui dans une déclaration mise par son bureau doctrinal, mercredi 12 novembre, a mis un terme à toutes spéculations.
Le processus d’évaluation rigoureux de l’Église
« Le phénomène des prétendues apparitions à Dozulé doit être désormais considéré, de manière définitive, comme non surnaturel dans son origine, avec toutes les conséquences qui en découlent », a tranché la Congrégation pour la Doctrine de la Foi dans une instruction approuvée par le pape Léo et citée par Reuters.
Depuis toujours, la hiérarchie catholique adopte une approche circonspecte concernant ce type de phénomènes. Certes, la doctrine admet la possibilité d’expériences mystiques – comme celles de Faustine Kowalska dans les années 1930 ou de la Vierge à Guadalupe au XVIᵉ siècle –, mais impose un examen exigeant avant toute reconnaissance officielle.
À propos de Dozulé, l’analyse vaticane a conclu que les conditions indispensables à la reconnaissance d’un miracle n’étaient pas réunies. Cette décision s’inscrit dans une démarche de discernement séculaire visant à prémunir les fidèles contre de fausses révélations et à préserver l’authenticité de la foi.
Des clarifications théologiques majeures
L’un des aspects les plus délicats de cette situation demeure la teneur même des messages rapportés. D’après les dires, les visions de Dozulé auraient annoncé la fin du monde avant l’an 2000. Une prophétie manifestement non réalisée.
« La croix n’a pas besoin d’être mesurée en mètres d’acier ou de béton pour se dresser : elle s’élève chaque fois qu’un cœur, touché par la grâce, s’ouvre au pardon », a par ailleurs martelé le Saint-Siège.
Au-delà du cas spécifique de Dozulé, la déclaration vaticane a fait des précisions doctrinales essentielles. Les autorités ecclésiastiques ont en effet rappelé que Marie, mère de Jésus, ne pouvait être qualifiée de « co-rédemptrice », car selon la tradition catholique, seul le Christ a assuré la rédemption de l’humanité par sa crucifixion.


