France : les laits infantiles sous haute surveillance après deux décès de nourrissons
23/01/2026Des enquêtes ont été ouvertes à Angers et à Bordeaux afin d’établir la responsabilité possible de la contamination de certains laits pour bébé dans la survenue de ces tragédies.
Un nouveau scandale de laits contaminés en France ? Les autorités ont annoncé, vendredi 23 janvier 2026, l’ouverture de deux enquêtes à la suite du signalement du décès de deux nourrissons après avoir consommé des laits infantiles suspectés d’être contaminés.
Nestlé, Lactalis et Danone ont tous trois procédé ce mois-ci à des rappels de lots de lait pour bébé, en raison d’un risque de contamination par la céréulide, une toxine particulièrement rapide et responsable de nombreux cas de toxi-infections alimentaires. Ces affections sont souvent mal identifiées, leurs symptômes évoquant une simple « grippe intestinale ».
Selon le ministère de l’Agriculture, la contamination pourrait provenir de l’huile ARA (acide arachidonique), un composant nutritionnel essentiel au développement neurosensoriel du nourrisson. Cette huile, fournie par une entreprise chinoise, est utilisée dans la fabrication de plusieurs marques concernées.
Les rappels ne se limitent pas à la France. Singapour et plusieurs autres pays ont également pris des mesures de précaution, dans l’attente de vérifier un éventuel lien avec les deux décès recensés.
Deux drames encore inexpliqués
Le premier cas concerne un bébé né à Pessac, près de Bordeaux, fin décembre. Après sa sortie de maternité, il avait été nourri avec du lait en poudre Guigoz, produit par le groupe suisse Nestlé.
Deux semaines plus tard, l’enfant est décédé dans des circonstances encore floues. Les autorités ont depuis découvert que la boîte utilisée appartenait à un lot rappelé. Le second décès concerne une petite fille âgée de seulement 27 jours, décédée le 23 décembre dernier à Angers.
Là encore, la mère de la victime n’a fait le rapprochement qu’il y a deux jours seulement, après avoir entendu dans les médias les témoignages de plusieurs autres parents dont les enfants avaient souffert d’intoxications après avoir consommé le même produit.
Outre ces deux décès, plusieurs familles affirment que leurs enfants sont tombés malades, parfois gravement, après ingestion de ces préparations infantiles. Certains nourrissons ont dû être hospitalisés pour des infections sévères.
Un vide sanitaire préoccupant ?
« À ce stade, aucune analyse n’a permis d’établir un lien de causalité entre la consommation des laits concernés et les symptômes observés chez les nourrissons. Des investigations supplémentaires sont en cours, sous la supervision des parquets compétents », a précisé le ministère de la Santé, cité par Reuters.
« Les scientifiques alertent depuis des années sur le danger de cette toxine, dont les effets ont été largement sous-estimés en France. Résultat, nous nous retrouvons aujourd’hui face à un véritable vide sanitaire », explique Marie Dupin, journaliste à la cellule investigation de France Info, à propos de la céréulide.
De fait, la France ne dispose d’aucun centre national de référence habilité à détecter cette toxine dans les selles des nourrissons. Les analyses peuvent être menées sur les poudres de lait, mais pas sur les échantillons biologiques.
Dès lors, comment établir de façon certaine un lien entre ces décès et une éventuelle contamination du lait ? La question reste entière, tandis que l’inquiétude des parents ne cesse de croître.

