Le Board of Peace de Trump sème la zizanie à Bruxelles

Le Board of Peace de Trump sème la zizanie à Bruxelles

20/02/2026 0 Par La rédaction

La participation d’une commissaire européenne à la séance inaugurale du nouvel organe international lancé par le président américain a suscité l’ire de la France.

L’Union européenne n’a souvent d’union que le nom, comme on a déjà pu le constater à maintes reprises par le passé. Cette fois, c’est autour du Board of Peace (Conseil de la paix) que les divergences s’expriment au sein de l’UE.

Alors que la nouvelle organisation internationale fondée par Donald Trump tenait sa première réunion, le jeudi 19 février à Washington, la France s’est dite étonnée d’y découvrir la participation de la commissaire européenne Dubravka Šuica.

« Elle n’a pas de mandat du Conseil pour aller y participer », a déclaré Pascal Confavreux, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, au sujet de la Commissaire européenne pour la Méditerranée.

Le ministre Jean-Noël Barrot est allé plus loin, estimant que la Commission européenne n’aurait jamais dû assister à cet événement sans autorisation formelle des États membres.

Une instance qui divise autant qu’elle intrigue

La Slovénie a emboîté le pas à Paris, son ministre des Affaires étrangères remettant en question la légitimité de la commissaire à intervenir sur des sujets relevant de la politique extérieure. Au cœur de la polémique se trouve justement la signification même de ce Board of Peace.

Présenté par l’administration Trump comme un dispositif de soutien à la paix et à la reconstruction — notamment à Gaza —, ce Conseil suscite la méfiance en raison d’une charte jugée ambiguë.

Ce texte confère à Donald Trump le titre de président à vie de l’institution, ne mentionne pas explicitement Gaza et établit un mandat mondial si vaste qu’il pourrait, selon ses détracteurs, concurrencer ou contourner le système des Nations unies.

Le président américain dispose en outre du pouvoir de désigner son successeur, d’opposer un veto à toute décision et d’inviter ou d’exclure des membres. Autant d’éléments jugés problématiques par plusieurs pays conviés, dont beaucoup à Bruxelles ont décliné l’invitation.

La réunion de clarification ?

Paris conditionne notamment sa participation à un recentrage du Conseil sur la question gazaouie. Une réunion du Conseil des affaires étrangères de l’UE est prévue ce lundi 23 février pour obtenir des éclaircissements sur le déplacement de Šuica à Washington, selon des sources proches du dossier citées par Euronews.

Il est à noter que quatorze des vingt-sept États membres avaient également envoyé des observateurs à Washington, parmi lesquels l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas et la Pologne. La plupart ont toutefois choisi d’y dépêcher des diplomates ou des fonctionnaires, et non des représentants de haut rang.

S’adressant à la presse jeudi, la porte-parole de la Commission européenne, Paula Pinho, a défendu la présence de Šuica, estimant que l’Union devait être autour de la table négociations. « Sinon, nous serons simplement un payeur et non un acteur » dans la future reconstruction de Gaza, a-t-elle déclaré, en référence au financement de l’aide humanitaire (1,6 milliard d’euros) apportée à la Palestine depuis la résurgence de la guerre.