Nintendo décroche, les prix de la Switch 2 inquiètent

Nintendo décroche, les prix de la Switch 2 inquiètent

12/05/2026 0 Par La rédaction

L’action du géant japonais du jeu vidéo a enregistré cette semaine, sa plus forte baisse depuis août 2024 à la Bourse de Tokyo, victime d’une augmentation tarifaire mal accueillie et d’un catalogue de jeux jugé insuffisant.

Selon les données de marché rapportées par CNBC et Reuters, le titre de Nintendo a clôturé en baisse de 8,4% lundi 11 mai à la Bourse de Tokyo, marquant son niveau le plus bas depuis bientôt deux ans. Au total, sur l’ensemble de l’année en cours, l’action a perdu 34% de sa valeur.

Cette dégringolade intervient alors que le groupe japonais a annoncé, trois jours plus tôt, une hausse de prix de la Switch 2, sa console de nouvelle génération lancée il y a moins d’un an.

Son tarif passera de 450 à 500 dollars aux États‑Unis, avec des augmentations pouvant aller jusqu’à 20% sur certains marchés à compter du 1ᵉʳ septembre. Pour justifier cette décision, Nintendo invoque l’envolée du coût des puces mémoire, elle‑même alimentée par le boom des infrastructures d’intelligence artificielle.

Lors d’une conférence avec les investisseurs, le président Shuntaro Furukawa a reconnu que « la nouvelle tarification ne couvre pas entièrement l’ensemble des augmentations de coûts ». Une déclaration rare pour une entreprise qui, historiquement, évite de vendre ses consoles à perte, contrairement à Sony ou Microsoft.

Des prévisions jugées trop pessimistes

Les prévisions de ventes aggravent l’inquiétude des marchés. Nintendo table en effet sur 16,5 millions d’unités de Switch 2 écoulées au cours de l’exercice fiscal se terminant en mars 2027, contre 19,86 millions depuis le lancement de la console en juin 2025.

« Nous considérons cela comme trop pessimiste », nuance toutefois l’analyste de Morningstar Kazunori Ito, cité par Reuters, rappelant que la deuxième année d’exploitation d’une machine est généralement synonyme d’accélération des ventes.

« En raison des efforts pour renforcer notre chaîne d’approvisionnement, les ventes de la première année ont atteint un niveau sans précédent« , explique pour sa part, Furukawa, tentant de justifier ces chiffres en demi-teinte.

Le principal grief adressé à l’entreprise de Kyoto par les analystes et les investisseurs tient cependant à l’absence de véritables « killer apps », ces titres majeurs capables d’inciter massivement à l’achat d’une nouvelle console.

Une console en quête de jeux phares

Comme le souligne Kotaku – site web américain d’actualité et de critique spécialisé dans le jeu vidéo – dans son analyse, « le manque de Mario ou de Zelda à l’horizon coûte cher à Nintendo ».

Traditionnellement, le constructeur accompagne ses plateformes d’au moins l’une de ces franchises emblématiques au lancement ou dans les premiers mois ; la Switch 2 a rompu avec cette stratégie, en misant sur Donkey Kong ou un nouveau Mario Kart, jugés insuffisants pour justifier un investissement de 500 dollars par une partie du public.

L’annonce la plus récente, celle d’un remake de Star Fox 64, n’a pas davantage convaincu. « Les gens ne vont pas dépenser 500 dollars pour jouer à un jeu Star Fox vieux de 30 ans en haute définition« , résume l’influenceur Clownfish TV.

Le contraste avec Sony est frappant. Le fabricant de la PlayStation a vu son titre bondir d’environ 10% lundi, au lendemain de prévisions financières montrant des ventes de consoles en baisse, mais une progression des bénéfices sur sa division jeux vidéo.

D’après Amir Anvarzadeh d’Asymmetric Advisors cité par Reuters, Sony se trouve « dans une meilleure position que Nintendo pour répercuter les coûts élevés des puces mémoire sur les consommateurs », grâce à une base de clients plus large, un positionnement plus haut de gamme et des activités plus diversifiées.