Luc Julia : génie ou imposteur ?

Luc Julia : génie ou imposteur ?

23/08/2025 0 Par La rédaction

Ce chercheur français, régulièrement présenté comme le co-inventeur de Siri, fait aujourd’hui l’objet d’une polémique qui remet en cause sa légitimité d’expert en intelligence artificielle.

Qui est donc Luc Julia ? La question revient dans le débat depuis quelques jours et la publication d’une vidéo accusant ce chercheur de multiples méfaits, allant de la déformation de la réalité concernant son rôle dans la création de Siri, à sa vision supposément erronée des grands modèles de langage (LLM), sans oublier la multiplication d’erreurs factuelles lors de ses interventions publiques.

« On l’écoute, on prend au sérieux ce qu’il raconte et les conseils qu’il donne. C’est l’expert français sur l’IA par excellence. Or, que raconte-t-il ? Eh bien, je ne saurais mieux le dire que lui : « n’importe quoi » », tranche Thibaut Giraud dans la vidéo publiée sur sa chaîne YouTube « Monsieur Phi », le 11 août.

Il dénonce notamment de faux chiffres avancés par Julia lors de ses interventions, dont une audition devant la commission des affaires économiques du Sénat, le 18 juin dernier. Selon l’ingénieur de 57 ans, les IA auraient « 64 % de pertinence », ce qui signifierait qu’elles « racontent n’importe quoi 36 % du temps », s’appuyant sur une étude de l’université de Hong Kong ayant prétendument testé « des millions de faits communément acceptés comme vrais ».

Co-inventeur de Siri, un mythe ?

Or, comme le souligne Giraud, l’étude citée ne porte en réalité que sur quelques centaines de questions de raisonnement testées sur GPT-3.5 (la première version de ChatGPT), et non sur des « millions de faits ».

Par ailleurs, le chiffre de 63,41% concerne des benchmarks de raisonnement spécifiques, pas une mesure générale de « pertinence ». Souvent présenté comme le « père de Siri », l’ancien du Massachusetts Institute of Technology (MIT) aurait pourtant rejoint Apple après le développement du célèbre assistant vocal, selon Monsieur Phi.

Pour ce dernier, la contribution de Luc Julia semble se limiter à quelques brevets déposés dans les années 1990 avec Adam Cheyer, sans lien direct établi avec le développement ultérieur de l’assistant vocal.

Les dérives de la surmédiatisation ?

« Il faut arrêter de dire des conneries quand même. Il faut arrêter de dire n’importe quoi. Bon, c’est rigolo, d’accord. On se marre, c’est marrant. Mais il faut arrêter », fustige le YouTubeur, alors que la polémique enfle, particulièrement sur le web.`

Et pourtant, la critique visant Luc Julia, pour légitime qu’elle soit sur certains aspects, semble parfois disproportionnée. Réduire un chercheur expérimenté à ses approximations médiatiques revient à ignorer sa contribution réelle au domaine.

Comme le souligne l’auteur du podcast « Monde Numérique », qui a interrogé l’intéressé à plusieurs reprises, sa vision de l’IA, même si elle peut paraître simpliste dans sa formulation grand public, repose sur une expérience concrète du développement de systèmes intelligents.