Cyber-espace : La Russie prépare son propre réseau internet

La Russie se prépare-t-elle à une guerre cybernétique contre les Etats Unis et le monde occidental ? En début de semaine, le Kremlin a annoncé la création d’un internet souverain, propre à la Russie. Pour les détracteurs de Poutine, c’est encore une de ses ruses pour museler davantage sa population, sur internet. 

« Nous ne voulons plus que des personnes ainsi que Google soient bloqués »

La Russie envisage de se doter d’un internet souverain, d’un internet déconnecté du réseau mondial. Le projet de loi a été étudié, lundi dernier, par La Douma (chambre basse du Parlement russe). Selon les Sénateurs, le projet de loi vise à garantir la fourniture d’Internet en Russie en cas de déconnexion du serveur mondial sur son territoire. Cette mesure est une réponse aux velléités des nations occidentales, avec à leur tête les Etats Unis. Ces nations ont récemment accusé, et à plusieurs reprises, la Russie d’être à l’origine de cyberattaques à l’encontre d’institutions et de pays d’Europe. La Russie veut par conséquent anticiper sur de futures mesures de rétorsion la visant, comme c’est bien souvent le cas. Et il faut s’y mette maintenant.

«Nous voulons que les innocents ne soient plus bloqués et qu’il n’y ait plus de situations où certains étaient bloqués et où Google, les systèmes de paiement et des dizaines de services tiers commençaient à être bloqués. Le nouveau système bloque non pas par l’adresse IP, mais via la source du trafic. Dans le même temps, l’État crée le système à ses propres frais, libérant ainsi les opérateurs de fonctions non spécifiques. La restriction de l’accès aux ressources interdites se produira sur l’ordre du centre alors que les bases juridiques restent les mêmes, à savoir le tribunal, la restriction préalable avant le procès, etc.», a tenté d’expliquer et de rassurer la sénatrice Ludmila Bokova, co-initiatrice de ce projet de loi avec le sénateur Andreï Klichas et le député Andreï Lougovoï. Pour l’heure, le Kremlin n’a pas fixé de date pour la mise en route de son réseau privé, mais le Président Poutine a déjà donné son aval à la Douma, depuis décembre 2018.

Rien à voir avec le modèle chinois, selon la Russie

Du côté des détracteurs de la Russie, on soupçonne le Kremlin de préparer un musèlement complet de ses citoyens, en particulier les opposants. Les critiques veulent même que la Russie suive les pas de la Chine en matière de contrôle d’internet. Pour la sénatrice Ludmila Bokova, les situations sont totalement différentes : « Il est impossible de les comparer. Les comparent, ceux qui ne connaissent pas le modèle de la Chine. De plus, c’est notre loi sur la résilience d’Internet, plutôt que l’isolation de l’espace mondial», répond-elle.