Macron, la solitude s’installe

Les multiples démissions fracassantes, l’affaire Benalla, les sorties médiatiques et les coups de com’ loupés commencent-ils par avoir raison de la popularité du président ?

Jean-Pierre Raffarin, ancien premier ministre du président Chirac, a livré ses inquiétudes sur la situation d’Emmanuel Macron :  « Au bout de 18 mois au pouvoir, la contestation n’est pas sur la politique mais sur la gouvernance d’Emmanuel Macron. C’est moins grave et ça se corrige ».

Il met en cause son isolement, sa solitude dans l’exercice du pouvoir arguant qu’il « est clair que le président de la République n’a pas les leviers humains aujourd’hui nécessaires. Trouvez-vous qu’il soit normal d’attendre huit jours pour changer un ministre de l’Environnement, d’attendre je ne sais combien de temps pour un ministre de l’Intérieur? ».

Ses inquiétudes se portent aussi sur la situation parlementaire du président avec une majorité fragile : « le centre droit, qui le soutient en partie, est désorganisé, son noyau dur, En marche, est toujours en phase d’adolescence et la social-démocratie, le centre gauche, s’évapore ».

L’isolement du président et de sa gouvernance se fait de plus en plus ressentir auprès de la population lors de ses rencontres. Hier à Colombey pour les soixante ans de la Cinquième république, il a été alpagué par des retraités.  A l’un d’entre eux qui mettait en cause la politique du président d’hausse de la CSG il a répondu : « On doit regarder devant, c’était beaucoup plus dur en 1958, on ne se rend pas compte de la chance qu’on a » avant d’ajouter que la seule chose qu’on n’a pas le droit de faire c’est « de se plaindre ».