Mali : Soumaïla Cissé et l’URD en perte de vitesse

Pas une semaine ne se passe sans de nouveaux désistements au sein de l’URD. Chaque mercredi, jour des nominations officielles, de nouvelles têtes tombent : des proches anciens ou récents de Soumaïla Cissé abandonnent le vieux capitaine pour se rallier à la majorité. Le finaliste du dernier scrutin présidentiel semble dépassé. Isolé même au sein de sa propre formation politique.

C’est une ambiance de fin de règne que l’on observe dans les rangs de l’URD. Le parti d’opposition, qui rêvait encore ouvertement d’accéder au pouvoir à court-terme il y a quelques mois, se délite à vue d’œil. Les cadres fuient, les caisses sont vides, et le cap fixé par Soumaïla Cissé apparait chaque jour plus flou… et sinueux.

Il faut dire qu’une bourrasque secoue depuis le printemps la petite barque URD. Si Soumaïla Cissé pensait contrôler le jeu politique et être incontournable à tout dialogue avec le président Ibrahim Boubacar Keïta, il a surestimé sa main. IBK est passé maître dans l’art de diviser pour régner. En mai, il a donc choisi de débaucher deux proches du patron de l’URD pour les faire entrer au gouvernement.

Les nominations de son ancien directeur de campagne, Tiébilé Dramé, au poste de ministre des Affaires étrangères, ainsi que de son conseiller spécial, Oumar Hamadoun Dicko, comme ministre du Travail ont été deux coups de grisou qui ont profondément et durablement ébranlé la stratégie de Soumaïla Cissé. Et qui continuent depuis à avoir des effets pervers avec des défections en cascade ces dernières semaines.

Car au-delà des têtes d’affiche, les seconds couteaux du parti ont également sauté le pas et déserté en masse l’URD. Le coup le plus symptomatique de cet état de fait se trouve dans la nomination de Kadidia Fofana à un poste dans la haute administration. Cette trahison plus qu’aucune défection, a pesé sur le moral de Soumaïla Cissé, qui a compris à quel point la crise de confiance est profonde.

Coïncidence ou cause profonde de la fuite des cerveaux au sein de l’URD : les caisses du parti sont désormais désespérément vides. Sans espoir de les voir se remplir dans un proche avenir. D’ailleurs, les centaines de pages Facebook de promotion de Soumaïla Cissé qui fleurissaient depuis la campagne de 2018 ont toutes été subitement désactivées ces derniers jours. Preuve que Soumaïla Cissé n’a plus les moyens d’entretenir son armée digitale… et sa garde rapprochée.