Le désherbant Roundup dans la ligne de mire du gouvernement

Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie, a affirmé, dimanche dernier dans le 12/13 sur France 3, son désir de retirer des enseignes commerciales le célèbre désherbant Roundup. Elle a notamment essayé de responsabiliser les jardiniers sur l’utilisation de pesticides et de leurs effets néfastes sur l’environnement.


Cette annonce fait suite à la déclaration de l’association de consommateurs CLCV, en début de semaine dernière, sur les effets nocifs du glyphosate (principe actif du Roundup). L’association avait demandé que le Roundup ne soit plus vendu aux jardiniers amateurs. Ségolène Royal a donc repris cette proposition pour en faire son nouveau cheval de bataille. »La France doit être à l’offensive sur l’arrêt des pesticides » et « je vous annonce que j’ai demandé aux jardineries d’arrêter de mettre en vente libre le Roundup de Monsanto », a-t-elle soutenu sur France 3.

 

Le Roundup est le désherbant le plus utilisé au monde et surtout le produit phare du groupe Monsanto, puisqu’il représente 40% de son chiffre d’affaires. Les débats sont orientés sur le glyphosate, une substance synthétisée par Monsanto dans les années 70. En mars dernier, l’OMS a classé le glyphosate comme potentiellement cancérigène pour l’homme. Selon son centre international de recherche sur le cancer (IARC), les jardiniers ou les agriculteurs exposés à cette substance auraient des risques de cancer accrus. Des études en Suède, aux Etats-Unis et au Canada ont montré des risques augmentés de contracter un cancer du sang. Elle est utilisée dans plus de 750 produits qu’ils soient agricoles ou amateurs. En 2011, environ 8 000 tonnes de cet herbicide ont été épandues sur le sol français.

 

A la suite de ce rapport, le groupe Monsanto a exprimé son désaccord sur les conclusions de l’IARC. Le géant américain  avait alors déclaré que celles-ci n’étaient pas basées sur de nouveaux travaux de recherche ou de nouvelles données scientifiques.  « La corrélation entre le Roundup et la hausse des cancers reste difficile à établir, car le cancer n’apparaît pas en quinze jours. Il faut réaliser une enquête de vingt-cinq à trente ans pour établir s’il y a un lien entre les deux », a argué le biologiste du groupe Monsanto.

 

A la suite de l’annonce de Ségolène Royal, l’ONG Générations futures a demandé des précisions à la ministre quant à l’échéance de l’arrêt de la vente en libre-service du Roundup ou si une mesure législative allait voir le jour. L’ONG a demandé aux différents ministres de prendre des mesures d’interdictions claires sur les pesticides, notamment ceux à base de glyphosate. En parallèle Ségolène Royal et le ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll, ont déclaré qu’à partir du 1er janvier 2018 l’accès aux produits phytosanitaires ne pourra plus se faire que par l’intermédiaire d’un vendeur certifié afin que le jardinier amateur puisse bénéficier d’un conseil personnalisé ainsi que d’une information plus claire sur les interdictions en vigueur et les alternatives possibles.