Le report de la loi sur la biodiversité provoque la colère des écologistes


Le Premier ministre Manuel Valls en avait promis l’adoption avant l’été. Pourtant, le report de la séance plénière consacrée à la loi sur la biodiversité laisse présager un tout autre scénario. Face à ce qu’ils considèrent comme un « mauvais signal » de la part du gouvernement, la Fondation Nicolas Hulot et l’ONG de défense environnementale Humanité et Biodiversité sont montées au créneau, vendredi 12 juin, pour faire part de leur déception et de leur colère.

« Je suis déçu et furieux, on rejoue le mauvais scénario du passage à l’Assemblée Nationale (vote en commission en juin 2014, en plénière en mars 2015). La loi sera en commission dans 10 jours, mais la séance plénière est reportée, on ne sait pas quand, et pourtant le Premier ministre avait annoncé son adoption avant l’été lors de son allocution télévisée après les élections départementales », a expliqué Christophe Aubel, directeur de l’ONG Humanité et biodiversité.

Pour les défenseurs de l’environnement, le report à l’automne prochain de l’examen de la loi sur la biodiversité au Sénat est perçu comme une remise en question de la place de l’écologie dans le gouvernement de François Hollande. Un sentiment renforcé par la baisse de 84 millions d’euros du budget du ministère de l’Ecologie.

« Avec ce report, il y a de fortes chances que la loi ne soit pas définitivement votée avant la fin de l’année, ce qui veut dire que la France n’aura pas pris ses engagements sur la biodiversité avant la conférence climat à Paris », estime Matthieu Orphelin de la Fondation Hulot.

Certains experts s’accordent à dire que nous entrons dans une phase d’extinction de masse de la biodiversité qui se caractérise par une dégradation importante de la faune et la flore mondiale. Au rythme actuel, ce ne serait pas moins de la moitié des espèces vivantes actuellement connues qui pourraient être amenées à disparaître définitivement de la surface de la Terre.

C’est la raison pour laquelle, après celle sur la transition énergétique, la loi sur la biodiversité est le deuxième grand texte porté par le ministère de l’Écologie. Concrètement, il s’agit de mettre en place des outils législatifs qui visent à mieux protéger les richesses naturelles de notre planète et à valoriser les services rendus par les écosystèmes.

Ce texte prévoit notamment la création d’une Agence française de la biodiversité. Cet organisme, qui sera parrainé par le célèbre astrophysicien Hubert Reeves, aura une double mission : regrouper les structures déjà existantes dans le domaine de la protection de la biodiversité, et renforcer la coordination (technique et financière) des collectivités et des entreprises engagées.

Parmi les mesures phares de ce projet de loi, le renforcement des sanctions à l’encontre des actes de ventes d’espèces protégées, l’interdiction de certains insecticides ainsi que l’accentuation du mécanisme de compensation des dommages causés à la biodiversité lors de projets d’aménagement du territoire.