Cyber-pédocriminalité : un collectif de citoyens traque les prédateurs sexuels sur les réseaux sociaux

Un homme assis à une table, un ordinateur devant devant lui

 

Face à la recrudescence de la cyber-pédocriminalité, un collectif de citoyens français a décidé de traquer les prédateurs sexuels sur les réseaux sociaux. Au nombre de 20 à ce jour, ces cyber-patrouilleurs se font passer pour des enfants sur le net afin de tendre un piège aux pervers sexuels. Le groupe aurait déjà été à l’origine de 11 arrestations en à peine six mois, ainsi que de nombreux  démantèlements de réseaux pédophiles.

Travailleur la journée, cyber patrouilleur la nuit

Un groupe de « chasseurs » de pédophiles, se développe depuis quelques mois sur internet. A ce jour, la « brigade » ne dispose que de 20 cyber-patrouilleurs en France contre des centaines dans d’autres pays comme le Royaume Uni. Team Moore, c’est le nom de ce collectif de citoyens qui lutte contre la cyber-pédocriminalité, sans l’appui de l’Etat. Steven Moore (c’est un pseudonyme), un père de famille de 38 ans, est à l’origine de cette initiative. Le jour, il travaille dans un commerce de Saint-Denis de la Réunion, et la nuit il se transforme en « chasseur » de pédophiles sur internet. « J’ai été engagé par une maman. Elle m’a contacté pour piéger un pédophile qui avait envoyé plusieurs messages pornographiques à sa fille. C’est comme ça qu’est née « Alicia », une jeune fille de 12 ans, passionnée d’équitation, un peu mal dans sa peau », explique Steven Moore, qui a lancé sa team éponyme à la suite de cette sollicitation.

Team Moore croule sous le poids des sollicitations

Pour appâter les pédophiles, il crée un faux compte de jeune fille sur Facebook avec un certain profil psychologique. « C’est comme à la pêche, il suffit de poser sa ligne et d’attendre. », déclare-t-il. En quelques jours, il est contacté par une dizaine de « prédateurs sexuels », qui ont mordu à l’hameçon. Steven Moore, alias Alicia, reçoit par la suite de nombreuses photos et vidéos, ainsi que des enregistrements sonores de pervers. Ces derniers lui font des propositions de relations sexuelles. Alicia accepte et une première confrontation en mai dernier au Tampon (Ile de la Réunion). La vidéo de la rencontre avec le «prédateur sexuel» massivement diffusée sur le Web, permet l’arrestation du pédophile présumé.

C’est à partir de ce premier succès que le collectif se lance véritablement dans la traque aux pédophiles sur internet. « Nous sommes aujourd’hui plus d’une vingtaine de membres actifs, disséminés dans quatre pays (France, Belgique, Suisse et Ile Maurice). Il y a des ingénieurs, des ouvriers, des informaticiens, des avocats… Nous avons même un pôle investigation-enquête », confie Steven Moore, qui affirme qu’il croule en ce moment sous les  candidatures d’internautes qui veulent s’engager dans son combat.

Un appel à la collaboration avec les enquêteurs

A ce jour, le collectif est parvenu à piéger au moins 11 prédateurs sexuels et a permis « le démantèlement d’un réseau pédophile au Canada, un probablement à la Réunion avec deux arrestations, un sur Reims avec quatre personnes mises en cause, plusieurs dénonciations à Metz et un probable « coup de filet » dans les prochains jours dans le sud de la France ». Pour plus d’efficace, Steven Moore souhaite maintenant que les enquêteurs puissent travailler conjointement avec ses militants car le phénomène est d’ampleur.

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