Mali : l’indispensable dialogue national pour enrayer le chaos

Alors que de nouvelles attaques et violences intercommunautaires ensanglantent chaque semaine le centre du Mali, que le nord du pays reste hors de contrôle des forces gouvernementales, et que la situation socio-économique se dégrade encore et toujours, le régime du président Ibrahim Boubacar Keïta doit de toute urgence organiser un véritable dialogue national inclusif.

L’heure n’est plus aux demi-mesures et aux coups de billard politiciens. Opposition et gouvernement doivent se parler et initier une grande concertation pour sortir le pays de l’anarchie, restaurer l’unité territoriale malienne, et redonner de l’espoir à des populations éreintées par près de huit de crises et de guerres. La classe politique a une responsabilité historique à saisir.

Personne, pas même le président, ne peut se réjouir des dernières élections présidentielles, dont les résultats ont été rejetés par l’immense majorité du pays. Personne ne sort grandi d’une situation où le mandat des députés a expiré depuis plus d’un an et où le gouvernement s’affirme incapable d’organiser un scrutin législatif. Quel aveu de faiblesse qui blesse l’orgueil de tous les Maliens.

Mais l’opposition ne peut pas non plus se satisfaire de postures victimaires ou d’appels à des comportements anti-démocratiques. Ce n’est pas le sens de l’Histoire du pays. Pas le moyen de ramener le calme au Mali et de lancer un cycle de prospérité et de développement économique. Les fanatiques de tous bords n’ont pas leur place dans la vie politique en cette période de crise.

A l’image de l’opposition résolue, mais constructive, que semblent vouloir mener Aliou Boubacar Diallo (ADP-Maliba) et Cheick Modibo Diarra (RPDM), deux figures respectées de la société civile entrées dans l’arène politique pour apporter des réponses nouvelles aux défis du Mali, la classe politique malienne doit embrasser un dialogue national exigeant, inclusif et sans tabou.

Un dialogue national qui doit permettre la tenue, aussi rapidement que possible, d’un scrutin législatif équitable, mais qui doit surtout montrer l’unité des Maliens pour résoudre la crise sécuritaire et intercommunautaire au nord et au centre du Mali. Ce n’est qu’unie que la classe politique pourra faire face aux défis immenses auxquels est confronté le pays.